Le bluff est un art risqué, mais le maîtriser est la clef pour gagner plus souvent au poker. Ici, pas de science exacte : un bon bluff sépare les grands joueurs des simples amateurs. Si vous leur demandez quelles sont les règles à suivre, il vous répondront que la seule est de s’affranchir de toute règle.

Voici leurs secrets qui feront grossir facilement votre bankroll.

La véritable définition du bluff

Tout le monde croit savoir ce qu’est bluffer au poker : simuler la possession de cartes différentes de celles que l’on a.

Cependant, on peut distinguer 2 grandes techniques de bluff :

  • surjouer sa main, autrement dit faire semblant d’avoir la meilleure lorsque l’on n’a rien ou pas grand chose. Objectif : faire coucher aussi vite que possible les adversaires. Tous les moyens sont bons : relancer (raise), aller au tapis (all-in)…
  • sous-jouer sa main, ce que l’on appelle aussi le « slow-play ». Vous savez que vous avez la meilleure main, par exemple les As, mais vous vous contentez de suivre. Objectif : faire grossir le pot au maximum… pour mieux attraper les adversaires à la fin.

Utilisez ces techniques avec parcimonie : si les joueurs vous voient venir parce que vous en abusez, ces manœuvres deviendront tout simplement inefficaces.


Un magnifique Slow Play de Phil Ivey

Le même Phil Ivey, cette fois dans le rôle du bluffé

Saisir les opportunités

Deux situations sont propices au bluff : avoir la position et affronter une cible facile.

Au bon endroit, au bon moment

La position joue un rôle majeur au poker et est décisive pour le bluff. Tout joueur de poker sait qu’être en fin de parole est très confortable car les adversaires ont délivré avant lui un maximum d’informations.

Le cas le plus classique est appelé squeeze, qui consiste à voler les blindes et les éventuelles relances préflop des autres joueurs en misant gros au bouton. Utilisée à bon escient, cette technique permet de s’accaparer les pots sans prendre de gros risques. En effet, si malgré tout vous êtes suivi, vous avez la meilleure position et vous n’aurez aucun mal à faire coucher l’adversaire s’il ne trouve pas son flop.

icone avis wapA l’inverse, face à un joueur agressif, parler en 1er devient un vrai avantage : dans ce cas de figure, c’est souvent le premier à miser qui va remporter le coup.

Choisir sa cible

Ne bluffez jamais à l’aveugle, mais toujours en ayant à l’esprit un objectif raisonné : faire coucher tel ou tel joueur, ou au contraire de le pousser à relancer.

Pour cela, basez-vous sur les informations dont vous disposez. Par exemple, si vous pensez que les joueurs qui n’ont pas encore parlé auront du mal à payer, cela peut être un bon moment pour tenter le coup.

D’une manière générale, vos cibles principales pour un bluff agressif seront :

  • Les relanceurs larges – agressifs : c’est seulement en misant vraiment fort que vous les ferez plier
  • Les joueurs passifs plus faibles : une mise ou relance un peu élevée suffit à les impressionner

icone avis wapParadoxalement, il vaut mieux choisir de bluffer un joueur confirmé qu’un débutant : en effet, les joueurs médiocres ou novices renâclent à l’idée de jeter leur main et sont parfois capables de payer contrairement à la logique. Un pro, lui, sera beaucoup plus analytique : si vous ne vous trahissez pas et que vous avez une image serrée, il croira que vous avez un bon jeu et jettera ses cartes si les cotes lui sont défavorables.


Quand un champion s’essaye à bluffer un amateur ne voulant pas lâcher une paire de reines

Un bluff mythique de Tom Dwan jouant contre deux adversaires eux aussi pros

Cultiver son image

Le plus important reste de cultiver votre crédibilité et votre image à la table. La façon dont vous avez joué jusqu’alors influencera directement le niveau de main à partir duquel vos adversaires auront tendance à vous suivre (avec des faibles paires s’ils ne vous prennent pas au sérieux, ou au contraire avec des mains vraiment fortes).

Par exemple :

  • si vous avez relancé plusieurs fois lors des précédentes mains, ne tentez pas le diable
  • si vous avez très peu joué auparavant, vous avez de grandes chances d’être respecté à la table, et les adversaires n’imagineront pas que vous pouvez attaquer avec des cartes médiocres.

En ligne, sachez que votre image ne se limite pas à votre style de jeu sur une partie, mais sur le long terme : méfiez-vous des trackers et autres logiciels assistants. Si vous avez le bluff facile, il pourrait être judicieux de commencer par bloquer vos statistiques sur Sharkscope

Jeu en live : surveillez votre langage corporel

Que ce soit au sein d’un cercle de jeu ou d’un casino, un bon bluff repose avant tout sur une excellente maîtrise de soi et des signaux que vous dégagez (appelés « tells »). Une main qui tremble, un regard fuyant, une goutte de sueur auront tôt fait de vous trahir.

La plupart des joueurs changent d’attitude inconsciemment lorsqu’ils reçoivent une paire d’As ou quand l’adversaire est sur le point de payer une grosse relance.

N’importe qui est capable de déchiffrer ces éléments de langage corporel. Mais rares sont ceux qui savent les falsifier. Une des techniques la plus répandue est d’adopter la « poker face » ou l’art de garder son visage impassible en toute circonstance. Pour autant, même une poker face peut vous trahir face à un oeil averti…

 


Un bon joueur s’essaye à bluffer Doyle Brunson ; mais 40 ans d’expérience aux tables permettent de le démasquer !

Quand un amateur jour contre le champion Phil Hellmuth et ne parvient (vraiment) pas à dissimuler ses tells…

icone avis wapNos conseils :

1) Ne modifiez pas votre comportement : la clé n’est pas forcément de garder un visage fermé, mais simplement de rester naturel et cohérent. Vous étiez en train de discuter avec un autre joueur au moment de recevoir vos cartes ? Quelle que soit votre main, ne l’interrompez pas. Rien n’est plus visible que le passage d’une attitude à une autre.

2) Utilisez des accessoires : si vous avez constamment peur de vous trahir, utilisez lunettes de soleil,  sweat-shirt à capuche, et dissimulez entièrement votre visage à chaque relance à tapis ! Il existe même un marque de lunettes spéciale bluff : Blue Shark Optics.

3) Persuadez-vous vous-même : pour réussir votre coup, il faut que votre décision paraisse réfléchie et que votre comportement au sein d’une même main soit cohérent. Votre main doit raconter une histoire crédible. L’astuce consiste à jouer « comme si » vous aviez une main donnée : par exemple, si vous recevez [4ca] [Dp], dites-vous qu’en fait vous avez [Rca] [Rp], et jouez tout le coup en fonction de cette main virtuelle.

Pour finir, voici 2 vidéos de bons bluffs de pros :

 
Un énorme bluff de Tom Dwan face à JC Tran… Sans doute l’un des meilleurs de l’histoire du poker !

Brad Booth arrive à faire coucher la paire de rois de Phil Ivey, avec seulement un 4 et un 2… Un bon exemple d’auto-persuation !

Pour aller plus loin :

Démasquez les bluffeurs en ligne grâce à Sharkscope >>

Notre interview exclusive d'Elky >>

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